Blog

Astuces et techniques par Ludovic, guide de pêche

Les pêches de la truite, du brochet et de la perche

8 - La mouche en été

Pêcher en étiage relève du défi pour de très nombreux pêcheurs à la mouche et lorsque nous regardons les souhaits de ces mêmes pêcheurs, ils réservent tout leur temps de pêche sur les mois de mai, juin puis septembre comme s’ils fuyaient les eaux « basses ». Pourtant avec un peu plus de discrétion et de technique supplémentaire, il est tout à fait possible de se faire plaisir en prenant des poissons en pleine chaleur et de surcroit de belles truites et ombres. Les techniques de pêche à la mouche utilisées seront la sèche et la nymphe.

Le préambule

Pour s’essayer à la mouche en eau basse, il faut comprendre que la période est une période de grand stress pour les poissons de première catégorie. L’eau est plus chaude que d’ordinaire, la lumière plus vive, la nourriture moins abondante et pour finir cela fait déjà quatre mois que les truites se font harceler par les pêcheurs… Pour résumer, il en faut donc très peu pour déranger les poissons et nous devons alors redoubler de vigilance et bien sûr les solliciter lorsque ceux-ci sont « dehors ».

Les bonnes heures

Nous devons tenir compte de la température de l’eau car nous savons que la truite est un poisson d’eau froide dont la température de nutrition optimale avoisine les 14-16 degrés Celsius. Nous sommes alors contraints de pêcher les heures froides de l’été, à savoir le matin de préférence car les eaux de nos lieux de pêche se seront refroidies pendant la nuit. En appliquant cette méthode, nous ne pouvons pas nous tromper mais il nous faudra garder à l’esprit que c’est « Dame » truite qui décidera en dernier recours s’il elle se met à table.

L’approche

Elle n’est en rien difficile si ce n’est que nous devons respecter certaines règles comme le fait de marcher dans l’eau que si nous sommes obligés, que les postes devront être pêchés avec une certaine distance, que nous nous efforcerons de rester dans les zones d’ombres, que nous ferons des économies de gestes et que nous ne fouetterons que si cela est vraiment nécessaire. (Pas de faux lancers inutiles car moins nous bougeons moins la truite nous voit!!)

Equipement

Une canne de neuf pieds, soie de 4/5 possédant une action de pointe progressive sera l’outil idéal car nous pêcherons avec des pointes de fils plus fins que d’habitude. Nous augmenterons notre discrétion en sèche comme en nymphe avec l’utilisation d’une soie plus légère en prenant une soie numéro 4 au lieu d’une soie de 5 et si nous souhaitons encore affiner, nous pouvons prendre un profil de soie en DT (double taper) au lieu d’un WF (weight forward

Les mouches

Bien que les rivières puissent renfermer de nombreux insectes aquatiques, l’essentiel de la nourriture disponible en étiage pour la truite est la grande famille des Simulies. Composée de nombreux chironomes appelés communément vers de vase, ceux-ci donnent de petits insectes volants souvent ignorés ou délaissés par les pêcheurs. De différents couleurs sous forme larvaire ou d’adulte volant, ils sont pourtant la manne providentielle des truites lors des étés chauds tout au long de la journée. A ces insectes, nous pouvons rajouter quelques espèces de gammares, de rhyacophiles, d’heptagénia comme Sulfurea ou encore certaines éphéméroptères comme serratella Ignita par exemple. Attention à ne pas négliger les retombées de terrestres comme les fourmis volantes.

Pour la pêche en sèche, les hameçons utilisés sont le plus souvent des tailles de 16 à 20. Les montages en cul de canard épurés, les modèles parachutes, les montages avancés et les spents sont les mouches les plus pertinentes en raison de leurs différents niveaux de flottaison. Pour la pêche en nymphe, les nymphes légères voire non lestées seront très utiles et les tailles d’hameçons seront comprises de 16 à 22.

Importance des couleurs et du poids

Dans la pêche en étiage, elles correspondent à des tonalités comme le noir, le jaune, le marron, le crème ou encore le rouge-acajou. Pour les sèches comme pour les nymphes, nous retrouvons les mêmes teintes de bases mais pour les nymphes, la présence ou l’absence de billes de couleur peuvent avoir une incidence sur la pêche. Sur certaines rivières, le moindre « ploc » dû à une bille trop lourde cale les truites dans les 100m autour, dans d’autres rivières seules les nymphes à bille marcheront…. Le plus dur sera de faire le bon choix : Avec ou sans bille ?? Nous pouvons sans souci utiliser des corps en quill qui permettent de s’approcher au maximum des corps naturels des insectes et avec un minimum de poids.

La technique

Elle est des plus simples, un minimum de geste avec un maximum d’efficacité. Le but recherché étant d’avoir le posé le plus délicat possible avec la plus grande précision pour leurrer une truite. Les posés parachutes seront les plus intéressants pour présenter notre mouche correctement au poisson. Nous pratiquerons dans le but de se préparer un peu avant lorsque nous pêchons en eau haute. Plus nous serons à l’aise avec notre technique, plus nous pourrons traverser cette période d’étiage avec réussite.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

7 - La pêche au vairon manié

L’ouverture de la pêche de la truite en mars est un moment unique pour les pêcheurs de première catégorie. Certains d’entre eux prennent l’air, d’autres retrouvent des sensations ou des amis ; les derniers quant à eux veulent absolument réussir à prendre au moins une truite et de surcroit une grosse si possible. Ce sont les pêcheurs au vairon manié et grâce à cette technique, ils parviendront sûrement à leur but !

Matériel de pêche

On rencontre des cannes spécialement dédiées pour la pêche au vairon manié, d’une grandeur de 2.7m à 3.30m et d’une puissance de 5 à 20g, elles sont un bon commencement pour s’initier. Avec l’expérience du terrain, le nombre de sorties et de cette technique, la quasi-totalité des pêcheurs au vairon manié, utilisent des cannes plus courtes, de l’ordre de 2.1m, même pour les pêches en grandes rivières et en lac de montagne. Seules les pêches d’exception, comme les truites lacustres ou les truites de mer et les pêches en grandes rivières comme les gaves, la rivière d’Ain, le Doubs, l’Isère,… autorisent encore des cannes plus puissantes et de telles longueurs. Les pêcheurs de vairon manié sont comme les pêcheurs aux leurres, ils lancent sans cesse et manient leur vairon, ils se sont donc orientés ces dix dernières années vers de cannes plus légères et plus courtes. L’achat correct est constitué d’une canne d’action progressive et résonante, non une trique ou une nouille qui nuiraient lors des maniements, des ferrages et des combats.

Les moulinets seront choisis avec le plus grand soin puisqu’ils doivent posséder un frein avant irréprochable pour contrer les rushes des truites et un poids en adéquation avec la canne car ils se doivent l’équilibrer. Les modèles 2000 à 5000 feront parfaitement l’affaire suivant la taille des poissons recherchés. Si nous souhaitons pêcher avec un équipement casting, c’est du domaine du possible mais il faudra bien choisir le ratio du moulinet.

Le fil utilisé est préférentiellement, par confort visuel, de couleur jaune fluorescent et d’un diamètre compris entre 14 et 26 centièmes. Un fil de 14°% pourra s’utiliser en été dans les ruisseaux avec une monture très légère alors qu’un 26°% s’utilisera pour la recherche de grosses truites à l’ouverture ou au printemps avec des montures lourdes. Ce nylon, d’une longueur minimale de cent mètres, devra être raide pour un meilleur contrôle de la ligne et de détection des touches. Il faut s’assurer de sa qualité à chaque sortie.

Les montures

La pêche au vairon manié est une des rares pêches à la truite à avoir été grandi par les influences régionales puisque l’on rencontre des différentes montures provenant des « grandes régions de pêche Françaises ». Chaque monture a été mise au point pour répondre à des nécessités de terrain et il est donc logique de penser qu’elles ne seront pas en concurrences mais complémentaires les unes aux autres.

Nous trouvons dans le commerce deux types de montures, les montures à plombées externes et les montures à plombées internes.

Les plombées externes sont au nombre de trois : la monture Drachkovitch, la Bohémienne et la Donzette ; au même titre que les montures internes, nous retrouvons : la monture Arielle, la Clou et l’Aulne dénommée communément Godille. D’autres montures à vairon manié existent mais elles représentent une évolution non majeure de ces modèles cités, pour être vraiment intéressantes.

La célèbre monture Drachkovitch est une monture facile d’emploi puisqu’elle n’utilise pas d’aiguille à vif comme la plupart des montures. Nous pouvons aussi changer aisément la plombée avec une pince pour ajuster la profondeur de nage. Articulée en tête, elle permet de faire évoluer le montage en virevoltant ce qui donne une nage assez erratique et très attrayante pour les truites. L’inconvénient majeur est les accrochages répétitifs car elle se trouve équipée de deux triples sur les versions vendues dans le commerce. Attention à monter le poissonnet de façon rectiligne sinon l’ensemble ne nagera pas correctement.

La monture Bohémienne est une monture moins évoluée que la précédente mais elle ne demeure pas moins efficace et se révèle même plus polyvalente que cette dernière. Grâce à son montage utilisant un hameçon double suivi d’un simple et de la diversité des grammages des casques (de 0.5g à 20g), cette monture permet de pêcher la quasi-totalité des postes existants en maniant entre deux eaux. Elle autorise aussi la pêche au vairon « roulé » dans les eaux fortes des grandes rivières, technique qui excelle lors des jours d’ouverture. Son montage nécessite une aiguille et un cure-dent pour fixer correctement le vairon.

La monture Donzette est une monture à part, très pratique car elle ne nécessite pas d’aiguille, elle s’accroche le long de la colonne vertébrale du vairon et donne une vie au poisson mort assez naturelle. Cette action repose sur le fait que la monture est équipée d’un rectangle celluloïd qui viendra s’opposer à la récupération du moulinet et par ce biais créer des mouvements de nage. Le seul vrai regret sur cette monture est son armement, les triples sont à changer dès l’achat car ils sont fragiles et trop souvent sous dimensionnés….

La monture Arielle est la monture à plombée interne la plus ancienne selon les pêcheurs et son utilisation est réservée aux petits cours d’eau ou pour les chasses en surface puisque c’est la plus petite monture et la plus légère du commerce. Son armement est composé d’un seul triple piqué sur le dos facilitant le passage de celle-ci proche des obstacles en limitant les accrochages. D’un montage très simple, Il suffit d’enfiler le poissonnet sur la monture et de le fixer au niveau de la gueule avec un morceau de fil de cuivre.

La monture Clou est une monture proche de la monture Arielle mais la différence se porte sur l’avant, elle possède un poids externe qui provoque des mouvements de saccades à chaque relâché apportant dès lors un plus dans les animations. Son armement est adaptable, nous pouvons utiliser un seul triple ou deux généralement posés sur ses flancs selon l’encombrement des postes. Le montage du vairon est identique à la monture précédente.

La godille est sans aucun doute la monture la plus utilisée en France. Elle est vendue dans tous les magasins de pêche et que son emploi est facile. Elle est constituée d’un disque celluloïd traversé par une plombée longiligne creuse. Par contre, il nous faudra une aiguille à locher pour le montage car nous devons traverser le poissonnet, de la gueule vers l’anus, pour effectuer un montage correct. Il faut se garder de cintrer le vairon sinon la monture n’évoluera pas convenablement. Pour résoudre ce problème, il ne faut pas oublier de bloquer la monture à l’aide d’un cure-dent.

Le poissonnet

Nous parlons souvent de pêche au vairon manié mais l’appât n’est pas forcément un vairon. De nombreux pêcheurs utilisent différents petits poissons comme les ablettes, les gardonneaux, enfin tous les petits poissons argentés autorisés en première catégorie… Le vairon est un poisson qui dégage une forte odeur et la truite la détecte de très loin alors que les autres poissonnets présentent l’avantage de miroiter, ce qui enclenche plus d’attaques de la part des carnassiers.

Dans cette pêche, c’est la fraicheur des appâts qui compte, plus le vairon est frais, plus les truites seront réceptives à celui-ci. Pêcher avec des appâts morts depuis des heures est une hérésie, la tenue de celui-ci sera mauvaise, sa fragilité sera plus grande et ses effluves seront peu plaisants pour les truites.

L’approche des postes

Elle tient plus dans la façon de déposer son vairon dans l’eau proche de l’endroit où l’on suspecte une truite que dans l’approche avec ses pas. Dans ce cas, le poids de la monture est déterminant puisque un « plouff » trop important et c’est le poisson convoité qui se cale. Le choix sera basé sur la hauteur d’eau pêchée, la vitesse du courant, l’éloignement des postes (et oui c’est du vairon manié pas d’une vulgaire dandine sous la canne !!), la période de l’année, la pression de pêche, la méfiance des truites.

Une règle sera mis en place par le pêcheur pour réussir, plus le poste est éloigné, plus nous serons discret. Pour déposer son vairon avec peu de bruit, nous utilisons certaines astuces comme lancer son vairon sur le bord de la berge en face mais la plus efficace sera de lire correctement les courants et d’arriver dans les postes à l’aide de ceux-ci.

L’analyse des postes

Les postes de pêche sont généralement marqués. Nous pouvons dire que tout ce qui peut servir de refuge à la truite est un poste potentiel. Selon les rivières, nous trouvons des postes de premiers choix comme les berges creuses, les racines creuses, les arbres immergés et les blocs creux. Puis, les truites peuvent se poster en pleine eau à la sortie des courants proches des plages ou des cassures naturelles aux heures chaudes.

Ensuite, ceux qui nous ne sautent pas forcément aux yeux, ce sont les postes secondaires, que nous voyons par l’analyse de la rivière. Des exemples simples sont les ralentissements dans les courants qui démontrent des obstacles sur le fond de la rivière. Ces zones sont assimilées par les truites comme des zones de nutrition car les poissons sont protégés des perturbations violentes du courant. D’autres postes seront productifs car ils seront ombragés alors que les autres seront ensoleillés et inversement ; le tout est de tenir compte de la saison. En début de saison, les eaux sont très froides, nous devons donc privilégier les secteurs au soleil.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

6 - Les lacs de montagne

Dans les périodes estivales, les pêches de la truite en rivière deviennent difficiles puisque l’eau manque un peu partout en France… alors de nombreux pêcheurs s’orientent vers les joyaux des cimes où l’eau est encore abondante et fraiche pour les salmonidés, les lacs de montagne. A quelques mètres de la route ou à plusieurs heures de marches, ils présentent tous un intérêt non négligeable pour les pêcheurs amoureux de la nature.

Définition

Les lacs de montagne ou d'altitude sont des milieux où règnent des conditions de vie extrêmes pour les êtres aquatiques. Ecosystèmes fragiles, leurs composantes physiques et chimiques liées aux contextes climatiques et géologiques atteignent des valeurs très limitantes pour les insectes et poissons.

Selon les conditions de milieu rencontrées sur les lacs d'altitude donc de vie au sein de ces milieux implique un degré élevé d’adaptation pour les espèces animales. Le nombre et la densité de ces espèces sont toujours limités ainsi que leur mode de reproduction. Il est d’ailleurs fréquent que l’homme « aide » ces milieux, plus ou moins bien.

La bonne période

La pêche des salmonidés en lacs de montagne est toujours incertaine car elle dépend des conditions météorologiques et nous devons composés avec des ouvertures et moments de pêche pas toujours faciles (froid, orages…). A cela, nous devons ajouter le côté touristique des massifs montagneux qui, même si nous pouvons considérer que c’est un bien « économique », il est parfois difficile de trouver la quiétude que les pêcheurs recherchent tant en ces lieux.

La bonne période s’étend donc du début avril jusqu’à la fin juin puis la période de septembre-octobre. Pour les mois estivaux de juillet et août, laissons la journée ensoleillée aux randonneurs et essayons de réaliser de magnifiques pêches sur les coups du matin ou du soir. Nous ne pouvons pas aller pêcher sans regarder le parcours que nous allons emprunter et prendre la météo avant puisqu’une fois arrivés au lac, nous n’aimons pas redescendre en catastrophe….

Matériel de marche

Le matériel de confort, de marche et vestimentaire, ne doit en rien être négligé. Les lacs en montagne sont perchés en altitude et lorsque nous décidons de gravir les pentes, nous devons être en condition physique et avoir un équipement adapté comme des chaussures montantes, des vêtements chauds, respirants mais aussi coupe-vent et imperméables. Un pêcheur prévoyant mettra une petite trousse de secours, de quoi manger et boire pour éviter quelques désagréments comme la fatigue, les crampes et les petits creux. Un pêcheur en confort est un pêcheur heureux et je ne suis pas le seul à le penser !!

Matériel de pêche

Le matériel est défini suivant la marche d’approche des lacs de montagne et bien sûr les techniques de pêche que nous désirons utiliser. De toute façon, nous devons nous équiper pour pouvoir mettre en pratique au moins deux cannes comme par exemple, une canne de pêche aux leurres en 5-20g qui permettra de pêcher aussi bien aux poissons nageurs qu’aux leurres métalliques mais aussi au vairon manié. Puis la deuxième peut être une canne à mouche en cas de gobage ou une canne anglaise pour pêcher aux appâts naturels.

Nous ne devons pas oublier que lorsque nous serons sur place, nous devrons trouver ce qui pourra plaire aux salmonidés du lac pour profiter un maximum de notre journée de pêche et il est vrai que les poissons de lac ont une tendance à changer aux cours des heures de la journée de type de proies. Très souvent carnassiers le matin, les truites et ombles se jetteront sur un vairon manié ou un leurre habilement manié puis préfèreront vers le midi les appâts vivants comme le vers de terre et finiront par nympher ou gober une mouche déposée en fin d’après-midi.

Les salmonidés des lacs de montagne

De nombreuses espèces se sont acclimatées à la vie rude des lacs de montagne et l’homme n’est pas étranger à cela. On retrouve depuis plus de 50 ans des alevinages réguliers dans les massifs alpins, centraux, et pyrénéens avec des poissons qui appartiennent à différents espèces telles que les truites fario, les « truites » arc-en-ciel, les ombles de fontaines, les ombles chevaliers et les ombles du canada appelés cristivomers.

Chaque espèce possède ses caractères nutritionnels et ses habitudes de vies. D’une façon générale, les truites aiment le littoral et ses caches faites d’arbustes ou de blocs alors que les ombles préfèrent les cassures profondes avec des éboulis immergés. Il est certain que certaines espèces sont plus voraces que d’autres comme c’est le cas pour les ombles de fontaines appelés aussi saumons et les cristivomers. Des milieux alevinés avec ces deux poissons seront plus réguliers en partie de pêche réussie qu’avec les autres espèces et il est alors conseillé de débuter dans de tels lacs.

Les lacs qui intéressent les pêcheurs expérimentés possèdent un équilibre quasi naturel et sont des milieux renfermant au maximum deux salmonidés complémentaires qui sont souvent un couple « truite-omble » qui permet d’occuper tous les étages de profondeur, de caches et de nutrition sans être forcément tout le temps compétitifs pour obtenir une croissance correcte.

Les postes de pêche

Comme tous les lacs, l’analyse des postes sera la clef pour passer une bonne partie de pêche. Le principal problème rencontré dans ces milieux est de trouver le poisson puisqu’il nage volontiers assez loin de sa zone refuge. Ici, ce qui fera la différence est notre capacité à comprendre comment est la topographie du lieu que nous pêchons. Une astuce consiste à « lire » les changements topographiques des berges pour estimer ce qui se trouve dans le prolongement sous l’eau. Ainsi, nous pouvons trouver des barres rocheuses ou des éboulis de blocs servant de caches, des zones peu ou très profondes.

D’autres postes sont très facilement exploitables comme les arrivées et les sorties d’eau. Tous les lacs possèdent au moins une arrivée et une sortie d’eau et ce sont des postes de premiers choix pour les truites et ombles car elles créent un courant oxygéné ce qui attire les petites proies telles que les insectes ou les poissonnets.

Les postes de pêche sont aussi exploités selon l’heure de pêche. Le matin très tôt et le soir assez tard, il est fréquent de voir une bonne partie des poissons maraudés le long des bordures en quête de proies qui pourraient être tombées de la berge ou pour surprendre les petits poissons qui se camouflent dans très peu d’eau ou proches des pierres. Dès que le soleil commence à chauffer, les poissons rejoignent les profondeurs et continuent leur repas sur les larves aquatiques entre deux eaux et au fond. C’est à ce moment que les pêches se compliquent puisque la plupart des pêcheurs ne pêchent pas dans la bonne couche d’eau, celle où évoluent les poissons. C’est par tâtonnements que nous la trouvons, en exploitant minutieusement chaque hauteur d’eau.

L’action de pêche

Les lacs de montagne sont réputés tantôt faciles et c’est très souvent le cas puisque toute forme de nourriture est toujours bon à prendre pour des poissons opportunistes comme le sont les salmonidés mais ils sont aussi très difficiles à certaines périodes car la nourriture présente est suffisante. La difficulté vient de plusieurs paramètres et elle est très souvent liée à notre façon d’aborder le lac. Nous ne pouvons pas non plus dire que c’est la faute des poissons, de la lune, du vent (quoi que parfois) car il est évident que c’est aussi l’approche du pêcheur, le choix de la technique et le bruit environnant qui détermine comment nous réussissons notre pêche.

La première règle en arrivant à un lac de montagne, c’est de prendre le temps d’en faire le tour doucement pour déterminer où il serait intéressant de débuter et de regarder l’activité des insectes et des poissons. Chaque information récoltée ainsi nous permet de nous rapprocher de ce qu’il faudra faire dans la journée. Ensuite, nous prendrons le temps de choisir une technique de pêche adaptée au moment, à ce que nous voyons et ressentons.

Si nous choisissons de pêcher à la mouche c’est que nous avons vus des signes d’activités de surface ou que nous avons vus sur les bordures des poissons en maraudes qui nymphent et qui nous laissent penser qu’une pêche aux chironomes est aussi possible en pleine eau.

Si nous choisissons la pêche au vairon ou aux leurres, c’est que nous avons vus ou entendus des chasses sur les bordures dans les vairons et que nous pensons aussi que les prédateurs comme les ombles ne seront pas indifférents à ces techniques en profondeur. Si nous commençons avec les appâts naturels, à l’anglaise ou à la bombette, c’est que nous déduisons que les poissons sont plutôt éloignés du bord et qu’ils se nourrissent peu. Ou alors, c’est que nous sommes arrivés sur un lac teinté par un orage de la veille et que nous savons que cela « la » technique de la journée.

L’important est donc de commencer notre pêche avec une certaine cohérence et ensuite, nous adapterons au fur et à mesure notre technique selon ce que nous verrons durant notre partie de pêche.

Mais mettre en œuvre correctement la technique après avoir analysée au mieux l’activité des poissons, il faut tenir compte de certains paramètres climatiques qui influencent positivement ou non notre pêche et nous devrons les comprendre rapidement pour globaliser notre approche. Voici donc deux conseils pour mieux réussir nos parties de pêche en lac d’altitude et ils m’ont permis d’attraper un peu de poisson lorsque les journées se durcissent…

Le premier est de toujours monter pêcher un lac avec du vent mais en tenant compte de son orientation, par exemple, un lac orienté au Nord ne sera que peu perturbé par un vent du Nord mais sera excellent ou très mauvais selon la saison avec un vent du Sud. Ceci est valable dans presque tous les systèmes lacustres au-dessus de 1500m, enfin tous ceux où j’ai pêché… L’autre avantage du vent est d’être plus discret le long des berges car la vue des poissons est moins performante avec les vaguelettes.

Le second conseil est de toujours pêcher face au vent puisqu’il fait tomber des insectes de la rive d’en face et les pousse dans notre direction, ce qui n’échappe pas aux poissons et cela nous permet de pêcher discrètement dans le « dos » des poissons.


------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

5 - La truite à la cuiller

Qui ne connaît pas ce leurre métallique et surtout qui ne l’a jamais utilisé. Elle est à l’origine de nombreuses controverses et elle est responsable de tout. Il n’est pas simple d’en parler puisqu’elle reste détestée de beaucoup et adorée par peu. Voyons ensemble en quoi cette pêche aux leurres va très certainement revenir dans le cœur de la majorité des pêcheurs de truite.

L’explication

De tous les leurres existants sur la planète, la cuiller, qu’elle soit tournante ou ondulante, est un très vieux leurre. Un leurre qui a su traverser les décennies de pêche sans prendre une ride et qui demeure le leurre de référence pour l’eau douce. Elle prend de tout, de la truite au brochet en passant par la perche, l’aspe, le silure et le sandre, elle a acquis de ses exploits sa mauvaise réputation de videuse de rivière… Quel dommage, ce n’est pas la cuiller la fautive, c’est le pêcheur ! Au lieu d’encenser cette technique de pêche aux leurres et de lui reconnaître ses qualités de pêche, nombreux sont ceux qui lui ont fait porter le fait que c’était une technique sans difficulté et sans finesse…. Nous nous demandons si ce sont bien des pêcheurs qui parlaient. La pêche à la cuiller est l’une des pêches les plus techniques, subtiles et précises qui existent et à travers cet article nous vous montrerons ce qu’il faut maîtriser pour pêcher correctement.

Le milieu de pêche

Comme toutes les techniques de pêche aux leurres, la pêche à la cuiller n’échappe pas à des contraintes qui sont résumées par l’expression « milieu de pêche » mais grâce à celui-ci, elle possède un panel d’adaptation sans limite. Pour être clair, lorsque nous allons pêcher, nous devons observer l’ensemble du milieu. Tout d’abord ce qui est évident, la structure aérienne puis ce qui l’est moins la structure immergée. La structure aérienne comprend les berges et l’environnement proche donc bien entendu, les pierres, les arbres et leurs branches ainsi que leur rapprochement par rapport à la surface de l’eau. La structure immergée représente toute la configuration du poste sous l’eau, en d’autres termes, les blocs, les racines des arbres, les embâcles, la profondeur, la vitesse des courants.

Si nous tenons compte de ces paramètres, nous pouvons déjà définir une boite de cuillers selon nos rivières ou fleuves de pêche mais il nous faudra rester vigilants puisque nous devons aussi ajouter à notre sélection de leurres, les conditions climatiques à savoir, la pluie, le soleil, les temps couverts, le vent, etc…. Puis, pour finaliser notre choix, nous observerons la couleur de l’eau !

Matériel de pêche

Selon le milieu, la canne doit projeter des poids adaptés et pour limiter les phénomènes de fatigue, elle possédera une action progressive et une prise en main confortable. Sa longueur fera la précision des lancers et aidera au travail des leurres, plus elle est courte, plus les lancers seront imprécis pour un débutant. Nous devons nous fixer sur des tailles comprises entre 1,5 m à 2,4 m permettant pour la plus petite de pêcher des ruisseaux et la grande des fleuves. Autre pièce toute aussi importante, le moulinet. Il doit être léger et d’une qualité irréprochable en termes de roulements, de bobinage, de frein, d’anse et de ratio. Nous les préférerons à large bobine si possible en gardant les moulinets à fort ratio pour les pêches en ruisseau et à faible ratio pour les pêches en grandes rivières.

Les fils

Ils seront incolores, mats ou teintés selon nos besoins visuels. Par habitude, nous utilisons comme corps de ligne, un nylon fluorescent qui nous donnera la direction prise par notre leurre ou la direction du poisson lors d’un combat. Pour limiter les phénomènes de vrillage avec le courant et les leurres, nous sommes obligés de choisir un nylon adapté comme décrit dans le tableau qui suit :

Numéro de cuiller

Diamètre du mono filament

00

12

0

14

1

16

2

18

3

22 ou tresse de 10

4

25 ou tresse de 12

5

30 ou tresse de 15

6

40 ou tresse de 18

7

50 ou tresse de 20

Avantages et inconvénients du leurre

Les avantages principaux des cuillers sont qu’elles sont déclinées dans tous les grammages possibles et inimaginables pour peu que nous puissions les trouver en magasins (du numéro 00 au 7, autrement dit de 0.1g à 30g), qu’elles possèdent toutes les tonalités de couleurs existantes et qu’elles sont créés en fonction de leur résistance au courant (palette ou galbe plus ou moins large)

L’inconvénient majeur est leur densité et si nous ne pensons pas à choisir le bon grammage, immanquablement, nous l’accrocherons sur le fond. C’est un leurre qui doit être constamment animé par récupération.

Le leurre

La cuiller tournante est de loin la plus connue. Elle se compose d’une palette plus ou moins large montée sur un étrier lui permettant de tourner autour d’un axe central. En dessous, nous trouvons un lest dont la forme peut influencer la rotation et l’immersion du leurre. Sous ce lest, nous trouvons l’armement qui se compose d’un hameçon triple, double ou encore simple.

La cuiller ondulante est bien plus simple mais n’est pour autant pas moins efficace dans des mains expertes. Elle se compose d’un corps généralement galbé auquel est attaché par l’intermédiaire d’un anneau brisé, un hameçon triple ou un simple.

Les couleurs

Le choix de la couleur pour une cuiller se doit être un choix réfléchi. Nous nous basons sur la couleur de l’eau, la couleur des proies de la truite, l’ensoleillement des postes, la profondeur des postes, les moments de la journée. Nous définissons le terme de couleur par les tonalités les plus connues qui sont l’argent, l’or, le cuivre et le noir. A ces « éclats », nous pouvons trouver un ajout de points de coloration rouge, bleu, vert ou jaune. Les lests peuvent aussi se parer de couleur pour contraster ou compléter le visuel du leurre. Même les hameçons qui équipent les cuillers peuvent présenter des « teaser » comme des mouches ou des morceaux de laine.

Couleur de l’eau

C’est le premier paramètre qui permet de choisir la tonalité de départ du leurre à savoir que plus l’eau est clair plus le leurre doit être discret alors que plus l’eau de la rivière est turbide, plus la cuiller doit être visible donc éclairante. Le but est d’être vu par le poisson et non pas de l’aveugler.

Couleur d’ensemble

Couleur de l’eau

Argent

Eau légèrement teintée

Or

Eau claire

Cuivre

Eau limpide

Noir

Eau très limpide ou très sombre

Couleur des proies

Ce critère est important puisqu’il va nous donner des informations sur les couleurs que doivent porter nos leurres. Les couleurs vitales des poissons de fourrage ou celles de la reproduction sont importantes pour le prédateur puisqu’elles sont à la base de ses systèmes de repérage des proies.

Couleur d’ensemble

Couleur des proies

Brillante

Bleue, verte et grise

Sombre

Jaune, verte, brune

Contrastée

Vert et noir / Vert et blanc

Reproduction

Rouge, vert, jaune, …, le tout mélangé

Les palettes

Elles sont à l’origine de la nage du leurre, nous devons donc nous attacher à la choisir correctement pour obtenir une nage parfaite. Pour choisir une palette, nous tenons compte de sa forme selon l’effet recherché. La forme de la palette provoque selon sa largeur une rotation plus proche ou plus éloignée de l’axe. Plus celle-ci sera large, plus sa rotation sera éloignée et inversement. Il nous apparait alors que selon les vitesses de courant, la palette offrira plus ou moins de résistance. Dans le tableau qui suit, nous classons donc la largeur des palettes selon la force des courants pour en tirer le meilleur parti :

Largeur de la palette

Force du courant

Très large

inexistant

large

faible

étroite

normal

Très étroite

fort

A savoir que le point d’accroche de la palette (sur étrier ou dans la palette) sur la cuiller influence directement la rotation de la palette en la rapprochant ou en l’écartant de l’axe. Un deuxième point important sur les palettes est le poids. Plus elles sont légères, plus vite elles tourneront et se mettront en action au contact de l’eau lors du lancé.

Les vibrations et signaux

Directement liées à la rotation de la palette et aux lests du leurre (creux ou non), les vibrations émises par les cuillers sont très différentes d’un modèle à l’autre. Pour expliquer simplement ce fait, nous pouvons essayer de pêcher le même poste avec deux cuillers identiques en modèle mais de numéro différent (une numéro 1 et une numéro 3 Aglia de chez Mepps par exemple). Nous observons que le numéro le plus élevé déplace plus d’eau, ce qui se traduit dans la canne par des « tremblements » répétitifs plus forts et une flexion du scion plus importante. Ce sont elles qui sont à l’origine de l’attaque des prédateurs sur la cuiller. Tous les poissons chasseurs possèdent une ligne latérale qui les informe sur les déplacements de leurs proies et ils « remontent » ces signaux jusqu’à la source pour lancer une attaque meurtrière. Les vibrations émises n’ont rien de commun avec ce que nous pouvons imaginer puisque la plupart de celles-ci sont étudiées pour faire réagir les poissons sur les caractères de territorialité ou d’agacement.

Heureusement d’ailleurs que l’aspect nutritionnel n’est pas vraiment pris en compte, en dehors de deux signaux visuels très fréquents comme le signal « œuf » et les points sur la palette représentants la robe d’un poisson de fourrage, puisque certaines espèces de carnassiers ne se nourrissent qu’une fois tous les 3 à 5 jours et qu’il est trop difficile techniquement de faire ressembler une cuiller à une proie intéressante.

Le B.A.BA des cuillers

Dans tous les cas de figures, la cuiller est choisie selon la profondeur des postes et les courants existants. Nous devons la faire travailler selon les vitesses du courant des trois-quarts amont vers la mi aval sur les gabarits de rivières classiques et inversement du moment que nous pêchons en grande rivière ou fleuve pour « raser » les caches. Les vitesses de récupération dépendront aussi du courant. Lors d’une attaque sur la cuiller, il est important de ne pas ferrer comme une brute au risque de casser ou d’arracher la gueule du poisson. Un ferrage ample et progressif sera des plus efficaces…

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

4 - L'entomologie de la pêche à la mouche

Il y a des techniques de pêche plus difficiles que d’autres, non par dans l’accès au matériel mais dans les connaissances à absorber ou les gestuelles à mettre en place pour devenir un bon pêcheur. La pêche à la mouche est de cette catégorie, simple et gracieuse en apparence, elle devient rapidement difficile car elle demande à ces pratiquants de comprendre une grande partie du fonctionnement aquatique. Le plus dur n’est pas de fouetter mais trouver la bonne mouche au bon moment…..

La nature

Pour parler du choix de l’insecte, il faut parler de la nature et de son rythme. Chaque saison offre au pêcheur la possibilité d’observer des insectes, à lui donc de le faire et de les identifier correctement. Nous, pêcheurs devons alors trouver comment les reconnaître pas seulement selon les saisons car la climatique est capricieuse mais aussi grâce à leur physiologie.

L’intérêt du pêcheur à la mouche pour les insectes aquatiques est lié à leur diversité. Ils sont si nombreux, si bien adaptés et si sensibles aux atteintes de l’environnement comme les pollutions que nous les considérerons comme de formidables indicateurs de la qualité d’eau ou des sols des milieux aquatiques. Plus grande sera notre connaissance des insectes de nos lieux de pêche en fonction du moment, plus facile sera le choix à faire dans nos boites à mouches. Et quand nous parlons de connaissances, c’est aussi bien sur les larves que les insectes adultes et leurs stades d’évolution intermédiaires.

Les bases de l’entomologie

Comme nous avons la chance de pouvoir accéder à une source de documentation sans limite et complète, nous parlons d’internet, il semble bon de rappeler que sur ce support d’information, nous retrouvons peu de sites d’entomologie sérieux mais ils existent et c’est une sacré aide pour ceux qui veulent pousser plus loin les identifications. Toutefois, si vous ne possédez pas encore internet ou que cela vous déplait, il existe de très bons livres sur le sujet, que vous trouverez dans toute vraie librairie qui se respecte….ou sur commande. D’ailleurs voici des références complètes et solides faciles à se procurer :

- INVERTEBRES D'EAU DOUCE, systématique, biologie, écologie, d’Henri TACHET, CNRS Editions. Plus pour les « rats de bibliothèque », ce livre-pavé pédagogique permet de connaître l'essentiel pour des clefs de détermination des insectes,

- LE GUIDE ENTOMOLOGIQUE II DU PECHEUR A LA MOUCHE aux éditions La Vie du Rail, livre vraiment intéressant pour le pêcheur car il rejoint la pratique de la pêche et l’entomologie,

- Site français d'entomologie sur les trois grands ordres d'insectes aquatiques BENTHOS-OPIE, sur internet, http://www.invfmr.fr.

Mais ne nous trompons pas, il n’est absolument pas utile d’apprendre le nom scientifique de toutes les espèces en latin pour être un excellent moucheur, loin s’en faut, nous devons juste reconnaitre à l’œil, les familles ou les genres des insectes aquatiques que nous voyons évoluer sur et dans l’eau… Que cela soit clair, il est impossible de donner avec exactitude l’espèce ou la sous-espèce d’un insecte aquatique sans pratiquer un examen macroscopique approfondi, c’est-à-dire utiliser une loupe binoculaire à fort grossissement (X30 mini) !!

Cependant avant de pouvoir faire de l’entomologie générale, il faut connaître un jargon plus ou moins technique mais très utile pour classer les insectes. Lorsque nous parlons d’entomologie des insectes aquatiques ou non, nous parlons de Systématique des insectes. Cette classification est représentée par un « arbre » qui comprend une multitude de branches, qui elles même se différencient à chaque fois par la présence ou non d’un caractère morphologique.

Systématique

Les insectes aquatiques ou non sont définis grâce à leur corps qui est composé de trois grandes parties : la tête, le thorax et l’abdomen. Ils possèdent obligatoirement six pattes, deux paires d’ailes et deux antennes. Cette description est générale puisque les siècles d'évolution ont spécialisés quelques sous-ordres d’insectes en atrophiant certaines parties de leur corps. L’exemple le plus parlant est la perte d’une paire d’ailes chez les diptères comme la mouche ou le moustique.

Pour faire simple, nous nous retrouvons avec un tronc commun qui appartient au règne Animal, qui passe par l’embranchement des Arthropodes (crustacés) puis un sous-embranchement des Hexapodes et arrive à la classe des insectes. Cette même classe d’insectes qui est divisé en deux sous-classes d’insectes, sans ailes appelés les aptérygotes et à ailes qui nous intéressent ici appelés ptérygotes.

Cette sous-classe présente une multitude d’ordres, plus d’une trentaine de recensés à ce jour dont sept d’entre eux présentent un intérêt majeur pour le pêcheur à la mouche puisqu’ils entrent pour une bonne part dans la nutrition des poissons recherchés. Les plus connus sont : les éphéméroptères, les trichoptères, les plécoptères, les diptères et les odonates pour les insectes aquatiques puis les coléoptères et les hyménoptères pour les insectes aériens.

Cycle de vie et description succincte

Si presque tous les insectes référencés sont ovipares, c’est-à-dire qu’ils pondent des œufs déjà fécondés, toutes leurs larves se développent avec un nombre plus ou moins important de mues successives avant de se métamorphoser en adulte pour assumer leur reproduction. Nous distinguons dès lors deux types de développement vital en fonction du degré de complexité physique de l’ordre :

Pour les insectes peu évolués que nous identifions très souvent comme « massifs », tels les odonates ou les plécoptères, les larves sont marquées par une grande ressemblance avec l’adulte en raison d’un développement à métamorphose incomplète. Ce type de transformation est dénommé hétérométabole.
Les groupes d’insectes plus évolués que nous pouvons reconnaitre facilement car ils sont souvent obligés de se construire une chrysalide, comme les trichoptères, présentent des larves dont l’aspect de départ est très différent de l’adulte. Ce type de développement, appelé holométabole, se traduit par une métamorphose complète de la larve vers l’adulte.

Les développements larvaires nécessitent selon les représentants des familles, des genres voire des espèces, un temps plus ou moins long d’environ quelques semaines à des années. Il en va de même du stade ailé, à la différence que les temps sont plus courts et à un tel point que certaines espèces d’éphémères ne vivront qu’une heure ou deux pour atteindre leur maturité sexuelle, trouver un partenaire, s’accoupler puis donner vie à leur descendance par la ponte et enfin dépérir.

L'ordre des plécoptères : Les plécoptères sont des insectes à ailes repliées à plat sur le dos issus de mues incomplètes. Ils représentent le haut de la chaine alimentaire dans nos milieux aquatiques, prédateurs de toujours, ils sont carnivores et possèdent une grosse tête armée de pièces buccales telles des pinces coupantes leur permettant de découper leurs proies. Le long de leur thorax présentant comme une armure, leurs pattes sont pourvues chacune d’une paire de griffes acérées et leur abdomen se termine par deux cerques effilés. Bien que les larves soient très agiles et rapides dans les cours d’eaux propres et oxygénés, les adultes ou imago sont par contre très maladroits en vol. Leur taille adulte peut atteindre 5 cm de long et leur zone de vie aérienne se situe à proximité des berges de la rivière sur les végétaux et les pierres exondées. Les pêcheurs à la mouche comme au toc les appellent « mouches de pierre ou patraque sous forme larvaire ». Indice de 9 à 10/10 en qualité d’eau suivant les espèces.

L’ordre des éphéméroptères : Leur nom d’éphémère est approprié au stade adulte dont la longueur correspond à une durée de vie courte : une heure, des heures voire quelques jours au maximum. Également hétérométaboles, l’ordre des éphéméroptères est le plus important en nombre d’individus et celui qui doit être le plus connu des pêcheurs. Nous trouvons une majorité de larves nageuses avec deux grands types d’habitats, des larves fouisseuses de substrat se terrant dans les varves et des larves brouteuses de végétaux accrochés aux plantes aquatiques tels que les bryophytes et renoncules. Les larves d’éphéméroptères se différencient morphologiquement des plécoptères par des corps plus fusiformes ou plus aplatie et par la présence de trois cerques à l’extrémité de leur abdomen mais aussi par les insectes présentant deux cerques comme le genre Epeorus de la famille des Heptagénéïdes qui ne possède que deux cerques. Leurs pattes thoraciques comportent une griffe à leur extrémité, leur abdomen est mou et leur taille varie de quelques millimètres à deux ou trois centimètres. Contrairement aux plécoptères, leurs ailes sont maintenues en position verticale, à l’image d’une voilure de bateau… Indice de 5 à 9/10 en qualité d’eau suivant les espèces.

L’ordre des trichoptères : Dans cet ordre, les larves sont holométaboles puisqu’elles ne ressemblent en rien aux adultes. Les trichoptères réalisent durant leur développement une métamorphose complète, passant du stade de l’œuf à une phase larvaire puis à une phase nymphale pour arriver au stade adulte, par l’intermédiaire d’un cocon comme les lépidoptères (papillons). La principale caractéristique de larves de trichoptères est de se construire un « abri de vie » pour exécuter le stade nymphal à partir de brindilles, de grains de sables…. Cette protection peut être évolutive et mobile, cas des trichoptères à fourreaux appelés communément porte-bois ou traîne-bûches par les pêcheurs ou fixer au substrat pour réaliser une nymphose totale sans dérangement, cas des hydropsyches et rhyacophiles dénommés aussi chenilles d’eau. Au stade adulte, les trichoptères ressemblent à des papillons de nuit aux ailes repliées en forme de toit et parsemées de petits poils à l’instar des magnifiques écailles colorées des papillons. Indice de 6 à 9/10 en qualité d’eau suivant les espèces.

L’ordre des odonates : Cet ordre est celui du groupe des « libellules et demoiselles ». Hétérométaboles, les larves d’odonates ne vivent qu’immergées et accomplissent leur dernière mue pour devenir adulte en sortant de l’eau sur le même principe que les plécoptères. Leur tête présente comme tous les prédateurs un appareil buccal caractérisé par de puissantes mandibules qui leur sert à attraper et déchiqueter leurs proies. Au stade adulte et contrairement à de nombreux insectes aquatiques, ces prédateurs se nourrissent et il est souvent courant d’observer pendant les grosses éclosions d’éphémères, des libellules faire bombance avec elles. Pour distinguer ces deux grandes familles : les libellules et les demoiselles, en dehors de la taille, les libellules se différencient des demoiselles grâce à la position de leurs ailes au repos : elles sont à plat chez les libellules alors que les demoiselles les replient en position verticale comme les éphémères. Indice de 4 à 9/10 en qualité d’eau suivant les espèces.

L’ordre des coléoptères : Les coléoptères sont un des premiers ordres recensés et étudiés puis capables d’une métamorphose complète. Ils sont donc des insectes holométaboles et la plupart des coléoptères sont terrestres. Une des spécificités morphologiques des adultes est de posséder des élytres, c’est en fait la première paire d’ailes qui a évolué et qui s’est transformée en un bouclier recouvrant la seconde paire. Cette armure joue le rôle d’étui pour les ailes postérieures qui permettent le vol mais également de protection pour le thorax et l’abdomen contre de nombreuses attaques d’insectes. La majorité des coléoptères aquatiques ressemblent à des « chenilles » voire aux larves de diptères ; leur tête présente des mandibules, elles possèdent une nutrition très diversifiée selon les espèces et possèdent trois paires de pattes composées de plusieurs segments terminées par une paire de griffes terminales. Indice de 4 à 9/10 en qualité d’eau suivant les espèces.

L’ordre des diptères : C’est un ordre immense possédant 150.000 espèces recensées où les aspects morphologiques adultes sont très différents. Il regroupe les mouches, les moustiques, les taons et autres insectes qui ont pu dans leur évolution transformer leurs paires d’ailes postérieures en un organe d’équilibre, appelé le balancier. Leur nom vient donc de la présence d’une seule paire d’aile et cela permet au pêcheur de les identifier rapidement au stade adulte. Quant aux larves des diptères se caractérisent par l’absence de pattes thoraciques articulées et sont souvent remplacées par des bourrelets locomoteurs. Les termes généraux que le pêcheur leur donne est chironome, asticot, vers de vase, tubifex… La distinction des différentes espèces de diptères est quasiment impossible au stade larvaire et très souvent difficile au stade adulte, mieux vaut se cantonner aux familles. Indice de 3 à 9/10 en qualité d’eau suivant les espèces.

L’ordre des Hyménoptères : Les Hyménoptères constituent après les Coléoptères, l'ordre d'insectes le plus diversifié et sont holométaboles. On évalue leur nombre à plus de 120 000 espèces et sont essentiellement terrestres. Leur nom traduit la présence de deux paires d'ailes membraneuses reliées l'une à l'autre par un système de couplage. Au niveau de leur tête, l’appareil buccal varie selon leur type nutritionnel, du type broyeur au type lécheur, avec des formes intermédiaires mais leurs mandibules bien développées servent à la capture des proies et à la confection de leur habitat. Les larves sont pour la plupart dépourvues de pattes et à la fin de leur développement, elles tissent souvent un cocon d'où l'adulte émerge après une nymphose totale. Le pêcheur s’intéressera plus aux fourmis rouges et noires qu’aux autres représentants.

Les autres ordres : Les Amphipodes. Ce sont les fameux gammares ou crevettes d’eau douce tant chéries par les moucheurs et nous ne comptons pas moins de 85 espèces recensées. Leur couleur dépend du fond de la rivière.

Les lépidoptères, petits papillons tels que certaines mites qui peuvent être de temps à autres au menu des truites et que les pêcheurs confondent avec de petits adultes de trichoptères. Indice de 3 à 9/10 en qualité d’eau suivant les espèces de ces 2 ordres.

La couleur et le choix

Les nuances de couleurs sont infinies chez les insectes aquatiques et c’est pour cela que nous ne parlerons que de tonalités de couleur. Si toutes les couleurs existent dans les imagos, il n’en est pas de même pour les larves qui arborent des tonalités grises, brunes, vertes et jaunes pour une grande majorité. Pour les adultes, vous trouverez dans le tableau suivant les informations requises pour l’indentification des insectes aquatiques en fonction des trois paramètres essentiels qui déterminent nos pêches sur nos rivières et lacs de montagne.

Saison et climatique

Milieux et Habitats des insectes

Couleurs vitales et aspect de l’imago (adulte)

De février à décembre ce sont les espèces les plus fréquentes sur la saison de pêche surtout de mars à mai puis septembre - octobre et elles préfèrent les temps froids, maussades, gris et pluvieux.

Elles supportent bien le vent.

Les baétidés préfèrent les eaux calmes à peu rapides ayant des végétaux aquatiques mais ont peu d’exigences en termes de fond.

Les Heptagénéïdés préfèrent les eaux rapides, oxygénées parsemées de galets et peu impactées par les polluants.

Les baétidés sont : noires, gris, olive pâle, gris-bleuté, jaune pâle, brun doré voire jaune-brun avec de petits corps fins.

Imitation en hameçon de 16-18.

Les Heptagénéïdés ont des couleurs : soufre, brun, acajou, orangée, rouge et bordeaux avec des corps larges et segmentés.

Imitation en hameçon de 10-18.

De mai à septembre, surtout en juin, les Ephéméridés préfèrent les temps tristes sans vent alors que les Ephémérellidés aiment les temps ensoleillés et calmes des mois de juillet et août.

Elles détestent le vent.

Deux familles très proches en termes d’habitat. Elles préfèrent des eaux lentes ou peu courantes, à fonds sablo-vaseux.

Les deux familles se distinguent de par leur taille et les Ephéméridés ne tolèrent pas trop la pollution contrairement aux Ephémérellidés.

Les Ephéméridés sont crèmes, olives pâle, ivoire, jaunes pâle avec des corps charnus et segmentés (mouches de Mai).

Imitation en hameçon de 10-14.

Les Ephémérellidés ont des tons : blanche, olive pâle, jaune pâle, rouille, brun, orange feu, rouge et bordeaux et de petits corps larges.

Imitation en hameçon de 16-20.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

3 - La truite à la nymphe en ouverture

S’il est possible de prendre du poisson en pratiquant la pêche à la mouche à l’ouverture en rivière, ce n’est pas une affaire de spécialiste mais plutôt d’adaptations techniques du moucheur aux poissons de la rivière en fonction des heures de la journée. Penser qu’à l’ouverture nous n’allons pêcher qu’en sèche est trop limitatif. Les gobages peuvent faire des heureux dans la journée même s’ils ne durent jamais plus qu’une petite demi-heure à cette période …. Mais soyons plutôt partisan de trouver une solution pour nous amuser un peu plus.

Une nécessité

Actuellement un pêcheur à la mouche en rivière qui veut réussir plus fréquemment doit maîtriser les différentes techniques de pêche à la mouche. Il est d’ailleurs tout à fait possible de pratiquer plusieurs types de pêche à la mouche avec le même matériel juste en modifiant son bas de ligne.

Polyvalence

Avec un équipement adapté pour le début de saison comme une canne de dix pieds, soie de 5/6 possédant une action de pointe progressive, un moulinet équipé d’un frein micrométrique doux et une soie flottante de bonne facture, on peut espérer avec un peu de technique, de pêcher en sèche, en nymphe et en noyée sur n’importe quel profil de rivière.

Pourquoi la nymphe

Pour faciliter les choses au pêcheur débutant et pour choisir correctement la technique de pêche à la mouche à utiliser, nous pouvons expliquez comment une rivière peut fonctionner à l’ouverture et cela ressemble à ce qui suit. Peu productives le matin, les eaux de la rivière sont encore bien froides et seule les pêches en nymphes au fil et au streamer peuvent décider un poisson. Puis les eaux se chauffent progressivement dans la journée et un coup en nymphe au fil ou en noyée est à jouer vers les 11h-15h sur des postes ensoleillés. Dès les 15h00, les eaux se refroidissent mais sur certaines rivières, nous pouvons avoir un coup en sèche sinon nous pêchons en nymphe.

En se basant sur ce descriptif succinct d’une journée d’activité type d’une rivière en début de saison, nous comprenons que l’on doit avoir plusieurs cordes à son arc mais avec une technique redondante, la pêche de la truite en nymphe. De surcroît, les rivières françaises font parties des rivières les plus difficiles d’Europe tant la pression de pêche est forte et que les poissons sont méfiants ; il est devenu impensable de ne pas pêcher en nymphe. Que dire sur les changements comportementaux de la truite fario vis-à-vis des insectes aquatiques si ce n’est que la truite adopte plus volontiers en France, un régime alimentaire de plus en plus axé sur le stade larvaire au détriment des imagos ou insectes volants. Quelle soit au fil ou à vue, la pêche en nymphe est la seule qui permet de réaliser des pêches plus qu’honorables même en eau froide claire ou légèrement teintées.

Le minimum requis

Il est bon de reconnaître les postes de pêche, de savoir lire les différentes veines d’eau des courants et de fouetter correctement de quatre à douze mètres.

A cela, il faut ajouter une petite connaissance sur les larves d’insectes aquatiques des rivières sur lesquelles nous pratiquons avec leur apparition sur la journée selon les créneaux horaires et les conditions climatiques. Bien sûr, si nous sommes déjà des pêcheurs initiés à la mouche, nous avons déjà la quasi totalité de ces acquis.

La technique

En ce début de saison, la pêche en nymphe est mise en œuvre dans ses aspects techniques les plus basiques à savoir que notre pêche se fera à courte distance avec des nymphes lourdes pour solliciter les poissons au bon niveau, c'est-à-dire au plus proche du fond et des obstacles. Deux modes de pêche en nymphe se pratiquent comme ce qui suit :

Nous pêchons un profil de rivière régulier en terme de courant et de veines d’eau, nous fouettons donc sur l’amont ou trois quart amont avec un bas de ligne assez court de 2,8 à 3,2m en suivant la pointe de la soie qui sera notre indicateur de touche. Tout « blocage » ou ralentissement de la soir traduira la prise de la nymphe par une truite ou un obstacle. Le ferrage se doit d’être immédiat et sans brutalité…

Si le profil de la rivière présente un profil plus chaotique avec plusieurs vitesses de courant, le mieux est de pêcher entre 2 à 6m devant soi pour obtenir la précision requise et avec un bas de ligne plus long, de 3,4 à 5,4m sur lequel nous disposerons des fils de couleur comme indicateur. L’action de pêche est effectuée plutôt trois quart amont et face à soi pour un meilleur contrôle de la dérive. En règle générale, la touche est très nette voire puissante alors attention aux casses lors du ferrage.

Avec ce mode de pêche, on peut rajouter aisément une deuxième nymphe en potence plus légère à l’amont de la nymphe en pointe. La hauteur entre ces deux mouches est dictée par les conditions de courant et de profondeur du poste car si nous les rapprochons à 10cm l’une de l’autre, nous pêcherons d’autant plus creux alors que si nous les éloignons de 30 à 50 cm, elles nous permettront de pêcher deux hauteurs d’eau différentes et donc de mieux ratisser le poste.

Les nymphes

De préférence lourdes avec ou non des billes tungstènes en tête, elles doivent imiter les larves aquatiques de la rivière. Quelques imitations de trichoptères ou porte-bois, de perlidés ou perle, d’heptagéniidés comme une march brown, de baetidés ou olives de différentes tailles d’hameçons feront largement l’affaire. Les couleurs classiques des nymphes en eau claire seront souvent noire, brune, grise, olive foncée, cerclées ou non d’un tinsel et en eau légèrement teintée une ou deux nymphes avec des billes en tête ou des tags flashies seront utiles.

Pour conclure…

C’est une pêche à la mouche subtile et captivante en ouverture puisqu’elle permettra à un grand nombre de pêcheurs de prendre un peu plus de poisson que si nous devions ne pêcher qu’en sèche et si les conditions sont assez favorables de passer une vraie journée de pêche à la mouche sans attendre des heures à scruter la surface de la rivière.


------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

2 - La truite aux poissons nageurs

Extrait d'un de mes écrits dans Passion carnassier HS truite.

Dans les pêches aux leurres, certaines pêches sont plus techniques que d’autres. La pêche aux poissons nageurs n’échappe pas à cette règle et les difficultés sont nombreuses mais heureusement pas insurmontables… Avec ce dossier technique, vous pourrez acquérir ou revoir des bases techniques nécessaires au choix et à l’animation correcte de certains poissons nageurs reconnus pour leur excellence dans la pêche à la truite en rivière et lac de montagne!

Les principes de bases

L’aspect principal de la pêche aux leurres est de présenter une proie artificielle à la truite avec le maximum de chance qu’elle la saisisse. Un poisson nageur s’exprime correctement que si nous lui laissons une liberté de nage totale et Il est donc capital de connaître les caractéristiques physiques de chaque poisson nageur pour en tirer le meilleur. Pour connaître leurs capacités, c’est un vrai chemin de croix mais certaines grandes marques ont assimilées ce problème et de plus en plus, elles présentent dans leur catalogue certaines données techniques comme l’immersion et certaines façons de les faire évoluer. Le souci est que pour faire effectuer des mouvements corrects aux poissons nageurs, nous devons posséder l’équipement adapté.

La bonne démarche pour s’équiper et pour pêcher aux poissons nageurs est :

1 type de poisson nageur – 1 moulinet – 1 action de canne

Le matériel

Tous ces leurres nagent parfaitement à certaines vitesses, imitant le poisson moribond au poisson fuyant un prédateur. Chaque poisson nageur possède une « plage » de nages et comprendre ce premier paramètre avant l’achat d’un moulinet, spinning ou casting, nous permettra d’être attentifs au ratio de celui-ci. Le ratio est un nombre de tours de bobine correspondant à la rotation d’un tour de manivelle du moulinet mais ce n’est pas seulement le ratio qui détermine le nombre de centimètres ramenés mais aussi la largeur de la bobine au niveau de l’axe. Plus le ratio est élevé et la bobine large, plus le moulinet ramènera de fil et inversement.

Lors des animations, c’est l’action de la canne qui fait la qualité des mouvements imprimés. Une canne trop sèche est néfaste à la quasi-totalité des poissons nageurs de même qu’une action trop molle. Pour choisir une canne, il faut tenir compte des milieux de pêche et de leurs courants, de la taille des truites recherchées et des poissons nageurs que nous désirons lancer. Par la suite, nous regarderons la qualité des anneaux (sic de préférence), du blank et de la poignée, en liège si possible pour obtenir la meilleure transmission des mouvements aussi infimes soient-ils. Nous choisirons une canne d’action de pointe progressive permettant de pêcher avec la plupart des poissons nageurs et dans la quasi-totalité des milieux français.

Le mono-filament utilisé sera choisi en fonction de la pêche pratiquée. Si nous pêchons avec des poissons nageurs à l’ultra léger, moins de 3g, il ne devra pas excéder les quatorze centièmes alors que si nous pêchons la truite avec des leurres de plus de 8 cm, nous pouvons monter sur le moulinet un 22 voire 25 centièmes.

Le choix du nylon est avant tout basé sur ces caractéristiques physiques comme sa glisse, son élasticité, sa couleur, sa résistance et sa tenue à l’abrasion.

Pour attacher un poisson nageur à notre mono-filament, il existe deux solutions. La première est de faire un nœud sur l’anneau brisé en tête du leurre mais nous ne sommes pas à l’abri d’une glisse du fil sur un nœud mal serré. La deuxième plus sûre est l’utilisation d’une agrafe ou snap, ce qui nous permet de changer de leurre facilement et en quelques secondes.

Le dernier élément et non des moindres une pince multifonction pour écraser les ardillons et décrocher plus facilement les truites. Ainsi nous minimisons leurs blessures ou celles du pêcheur puisque c’est une pêche où nous pouvons de temps à autre finir avec un triple planté dans la main….

Les poissons nageurs

Faire un choix entre telle ou telle marque est purement sentimental puisque les bons pêcheurs ont toujours un choix de cœur, et je fais partie de ceux-là !! Par contre, leurs boites de leurres recèlent différents modèles de grandes marques concurrentes mais tous complémentaires dans les tailles, couleurs, formes et très souvent en sonorités.

Le marché recèle de nombreux modèles et marques intéressants. Sans être habitué à une telle abondance, nous pouvons trop rapidement perdre notre latin. Le but principal de ce dossier n’est pas de dresser une liste exhaustive des poissons nageurs existants mais de vous aider à vous lancer dans cette aventure. Cependant, nous devons rester prudents sur l’acquisition des poissons nageurs et pour faciliter notre recherche, le mieux est de les choisir chez des fabricants – importateurs de renom comme Illex, Lucky Craft, Ultimate fishing, Smith et Rapala puisque ces leaders de la pêche aux leurres sont toujours à la pointe de l’innovation, que leur qualité de fabrication ne sont plus à démontrer et que leurs leurres prennent du poisson sous toutes les latitudes.

Les différents types de poissons nageurs pour la truite

Pour pêcher la truite aux poissons nageurs, il faut partir du principe que cette pêche est basée sur l’aspect nutritionnel de la truite et donc son régime alimentaire. Etant donné que son alimentation est très diversifiée, c’est en lui proposant différents « mets » que nous réussirons à la séduire. Se constituer une boite sans erreurs, passe par l’observation des proies présentent dans les milieux de pêche et de la complémentarité des leurres qui, elle, est systématiquement liée aux différences suivantes : leur taille, leur poids, leur forme, leur couleur, leur sonorité, leur nage et leur immersion.

La famille la plus répandue et la plus facile à se procurer est celle des jerkbait minnow. Ce sont de petits poissons nageurs de forme allongée et effilée avec ou sans bavette. Leur taille varie de 3 à 10 centimètres et leur poids oscille entre 1.5 à 12 g. Ce sont des leurres qui possèdent une nage erratique et qui imitent une proie prise de panique susceptible de faire sortir n’importe quelle truite de sa léthargie. Ils sont les poissons les plus polyvalents puisque nous pouvons aisément trouver un poisson qui nage parfaitement par vitesse de courant.

Une seconde famille importante en nombre est celle des crankbait. Ce sont des leurres de forme ovoïde et présentent ou non une bavette. Une de leur grande caractéristique est de passer parmi les obstacles denses comme des branchages immergés sans s’accrocher grâce à leur bavette. Tous les modèles flottants-plongeants sont avec bavette et tous les modèles coulants sont sans bavette, ces derniers sont dénommés lipless. Contrairement à ce que nous pouvons penser, ces « petites boules » se jettent à des distances hallucinantes et même dans de faibles grammages et permettent de pêcher toutes les hauteurs d’eau, ce sont de vrais « 4X4 ».

Une troisième famille est celle des flottants, c’est-à-dire les poissons nageurs n’évoluant que dans la pellicule de l’eau et jusqu’à 30cm sous l’eau. Ce sont les leurres les plus faciles ou les plus difficiles à lancer car les poids sont très divers d’une marque à l’autre et varient selon les matériaux utilisés dans leur fabrication. Ils permettent d’aller chercher des poissons dans très peu d’eau et de pêcher des postes inaccessibles de l’amont vers l’aval comme sous des frondaisons. Leur nage est souvent basée sur un rolling prononcé, mouvements de rotations latérales, qui enclenchent des attaques de la part de poissons même surpêchés.

La dernière famille intéressante pour le pêcheur de truites est celle des poissons nageurs coulant ou sinking. Il existe différents types de « sinker » et nous pouvons les différencier grâce à la présence ou non d’une bavette. Dans les rivières soumises à de forts courants, la présence d’une bavette permet d’obtenir une nage plus proche du fond et évite la majorité des accrochages. Le fait d’avoir le même poisson avec et sans bavette assure au pêcheur la capacité de pouvoir pêcher deux hauteurs d’eau distinctes. Les grammages de ce type de leurres sont élevés comme 1g minimum par cm par exemple. Leur nage est typique puisqu’elle ne peut s’effectuer en présence d’une force opposée comme un courant.

Les différentes couleurs des poissons nageurs

Comme nous l’avons abordé au début de cet article, pour pêcher correctement la truite aux poissons nageurs, il faut partir du principe que cette pêche est basée sur le régime alimentaire et donc sur une connaissance de ses proies potentielles. Le sens mis en jeu ici est la vue du poisson selon le milieu, lui-même influencé par les conditions climatiques. Si nous mettons en pratique cette règle sans chercher « la petite bête », nous prendrons des coloris aux dominances bleue, verte, marron, blanche et jaune. Mais en se posant les deux questions suivantes : Si ma rivière est teintée, est-ce que mes poissons « proies » ont la même couleur et lorsque les poissons fourrages se reproduisent ont-ils la même teinte, nous comprenons que non. Aux premières dominances de couleurs, nous pouvons alors ajouter les couleurs rouge, rose et orangée, caractéristiques des parures nuptiales, puis la dominance argentée prise par certains poissons lors des coups d’eau.

Pour finaliser les choix de couleur, nous devons aussi tenir compte de la couleur d’eau, des conditions de luminosité et des conditions de température. Les teintes froides sont à privilégiées lors des temps froids et les teintes chaudes pour les temps chauds mais attention, les contre-pieds existent dans la pêche.

Le tableau qui suit nous aidera à prendre les bonnes teintes au bon moment.

Temps / Type de pêche

Couleurs du leurre

Eau claire, temps ensoleillé

Teintes naturelles de type ghost (transparent) ou blanche

Eau claire, temps maussade

Teintes naturelles verte ou bleue avec des flancs miroitants. Imitations truitelle, goujon, chabot, ablette…

Eau teintée, temps ensoleillé

Teintes fluorescentes rouge, blanche et contrastées

Eau teintée, temps maussade

Teintes fluorescentes jaune, noire et holographiques

Eau froide, temps ensoleillé

Teintes bleutées, violettes et flancs miroitants dorés

Eau froide, temps maussade

Teintes bleutées et flancs miroitants argentés

Eau chaude, temps ensoleillé

Teintes dorées, marrons cuivrées et noires

Eau chaude, temps maussade

Teintes argentées, blanche et reflets métalliques

Les différentes sonorités des poissons nageurs

La truite comme tous les prédateurs est « équipée » de sens fortement développés. Son ouïe est primordiale pour la traque de ses proies et c’est sur ce sens que nous devons agir avec nos leurres. Il est assez évident de comprendre que les poissons sont des animaux qui peuvent comme nous, être plus sensibles à certaines conditions de sonorités.

Les sons les plus connus des pêcheurs appartiennent aux fréquences des gammes graves ou aigues et sont provoquées par des inserts de billes d’acier, de verres ou de tungstène. C’est un principe simple à expliquer mais fort difficile à réaliser en pratique car il faut que les lests s’entrechoquent entre les cloisons internes d’un leurre. Pour changer les fréquences de sonorité, nous pouvons mélanger ou/et adapter la composition de la structure du poisson nageur (bois, résines..). Mais nombreux sont les sons que nous ne pouvons pas « entendre» et c’est le cas des poissons nageurs silencieux. Les sons émis par ce type de leurres sont liés à leur pénétration dans le milieu et plus ils brasseront l’eau plus leur sonorité sera élevée.

Nous devons faire attention à leur emploi puisque chaque leurre possède des caractéristiques de sonorités propres et elles peuvent être déterminantes dans la capture ou la fuite d’un poisson.

Selon le milieu, le choix du leurre par le pêcheur se fera de manière réfléchie et en fonction de celui-ci. Plus le milieu présente de perturbations, plus le leurre choisi doit se démarquer et donc être bruiteur mais attention aux excès. Le pêcheur doit comprendre comment son poisson nageur contraste avec le poste à explorer et doit commencer avec un leurre juste un peu plus bruyant pour ne pas faire fuir toutes les truites du poste tout en les intéressants.

Les animations des poissons nageurs

Les poissons nageurs sont actuellement pour la plupart faciles d’emploi puisqu’ils nagent correctement en les ramenant de façon mécanique, à condition de trouver la bonne vitesse. A ce principe de lancer ramener, nous pouvons varier les vitesses pour obtenir des accélérations perçues comme des tentatives de fuites par le prédateur. Ensuite, nous pouvons ajouter des pauses pour obtenir une animation « stop and go ». Nous pouvons aussi relever ou baisser la canne faisant ainsi varier la profondeur de nage et donner l’apparence que le poissonnet nymphe pour se nourrir. A ces premières animations, nous pouvons ajouter des tractions plus ou moins grandes sur le leurre en tirant de façon courte ou ample mais sèche ou brutale sur la canne. Dénommée, twitching pour les tirées sèches et courtes, c’est une animation performante pour séduire les truites toute l’année alors que le jerking, succession de tirées amples et brutales agrémentée de pauses, est très utile lors des mois d’activités nutritionnelles intenses après l’ouverture.

Le principe même d’une animation est de donner « vie » au poisson nageur sans pour cela en faire trop. Elle doit intéresser sans lasser ou mettre en éveil la méfiance de la truite et elle doit être efficace sur les trois premiers lancés. Nous avons vus que les poissons nageurs possèdent aussi des inserts mobiles ou non et nous devons ne pas les oublier car ils influent directement sur la nage de ceux-ci. L’autre paramètre déterminant dans la réussite des animations est l’action de la canne qui est encore un peu trop délaissée par les pêcheurs car rappelons-nous que la règle est :

1 type de poisson nageur – 1 moulinet – 1 action de canne

Derniers mots

Essayer, jouer avec et prenez du poisson, voilà ce qui résume la pêche de la truite aux leurres.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1 - La pêche aux appâts naturels

Choix de la canne

Qui ne sait jamais retrouver avec cette interrogation ? A chaque ouverture, cette question revient et pour la majorité des pêcheurs, c’est un vrai dilemme : cannes à appâts naturels – EAUX VIVES Feather ou cannes télé-réglables – EAUX VIVES Télé ou anglaise. Pour trouver sa pêche au toc « d’ouverture », voici quelques petits conseils et astuces dans l'article suivant ….

La météo est le facteur le plus important car elle va orienter à 90% notre choix de canne au toc et par la suite, vient la taille de l’appât. Le temps a une incidence direct sur les débits des rivières et les appâts à utiliser, il nous servira alors de référence.

Plus le débit est fort – pluie, fonte des neige –, plus notre canne au toc doit avoir de puissance pour « porter » la plombée et pour combattre un poisson d’égal à égal. Notre choix se portera donc sur les EAUX VIVES Télé ou anglaise. Elles offrent une fibre solide, puissante et sensitive de 10 à 30-50g avec une « allonge » confortable pour pêcher des coups à l’aplomb du scion. Par contre, si le débit est normal ou bas – gel – le choix se portera sur une canne de puissance plus modérée comme les Eaux Vives. D’une puissance de 5 à 25g, ce sont de véritables petites bombes en terme de sensations, de poids et d’action pour affronter de beaux poissons sur des fils fins.

Pour les appâts, même constat, des appâts de taille importante, EAUX VIVES Télé ou anglaise s’imposent alors que pour de petits appâts, ce sont les Eaux Vives Feather Weight. Une canne d’ouverture est une canne au toc qui tient compte de la climatique - des débits de rivière selon qu’il pleuve ou gèle – mais aussi, de la taille des appâts utilisés pour cette journée tant attendue.

Choix des appâts d’ouverture

Principal composant de la réussite en rivière, le choix des appâts est avant tout guidé par la météo, notre canne au toc – Eaux vives F-W, EAUX VIVES Télé ou anglaise – et la propension de la rivière à abriter des insectes aquatiques. Il existe donc une multitude d’appâts potentiels selon l’analyse du moment.

Si on choisit une pêche « normalisée », nos appâts seront classiques et indémodables comme : les vers de terre – terreau, dendros – les vers de farines, vairon,…, qui se trouvent chez nos détaillants et que nous utiliserons avec une EAUX VIVES Télé ou anglaise lors d’un redoux – pluie –. Ce choix est assez limitatif en cas de gel, les vers ne peuvent pas de sortir, les teignes et vers de farine finissent en glaçon… Par contre, si votre rivière est de bonne ou de très bonne qualité, elle abrite des appâts tels que les trichoptères – porte-bois –, les perlidés – perle, patache ou patraque – pourquoi ne pas les utiliser avec une Eau vive ?

Ce sont des appâts annuels de la rivière qui résistent au froid, que les poissons connaissent très bien et qui les séduit facilement. Le plus dur en ouverture, c’est leur ramassage car les eaux sont froides pour nos bras mais si le plaisir est au bout… Le choix n’étant pas simple, une astuce consiste à prendre deux appâts achetés la veille et lorsque l’on arrive au bord de l’eau, on doit se donner 30 mn pour chercher et trouver si possible des appâts de rivière. A chaque ouverture, il est important d’utiliser préférentiellement les appâts de la rivière pour réussir surtout si tout le monde pêche au ver et à la teigne.

Des appâts d’ouverture sont des appâts qui tiennent compte du temps et de leur présence dans la rivière. L’appât est aussi l’élément déterminant de notre plombée de part leur densité.

Choix d’une plombée d’ouverture

D’apparence anodine, le choix de la plombée est primordial. Il est défini par la densité de l’appât, le diamètre du fil, la profondeur des postes, le courant et bien entendu de notre canne au toc. Le choix des cendrées est alors essentiel dans l’équilibre de pêche que l’on doit trouver. Les plombées de type lourdes sont plus aisées à utiliser avec une télé réglable et une anglaise alors que les plombées de type légères sont plus adaptées aux cannes Eaux Vives lorsque l’on compare leur puissance.

Quelque soit le milieu, il est possible de pêcher avec tous les appâts existants mais on doit garder à l’esprit que l’appât possède un poids propre. En fait, un ver de terre, de farine ou un vairon vivant sont des appâts denses à contrario de la teigne, du porte-bois et de la mouche naturelle qui sont des appâts légers. Une fois que l’on admet cet état de fait, on comprend que la plombée sera différente selon l’appât esché pour un même profondeur de courant.

Le jour de l’ouverture, en théorie, la truite se poste sur le fond de la rivière et à la proximité de son refuge. Il est alors important que si l’on monte une plombée basique de 4 cendrées n°7 Pezon et Michel extra douces avec un terreau, on doit alors rajouter une cendrée n°7 ou 6 si l’on veut mettre une teigne pour effectuer le même passage près du fond. Une plombée d’ouverture est une plombée qui prend en compte la densité de l’appât, le diamètre du fil, la profondeur des postes, le courant et notre canne au toc. Elle doit permettre de faire passer tous les appâts utilisés à la même profondeur.

Choix d’un mono filament d’ouverture

Le mono filament est notre lien entre le poisson et notre canne. Dans des conditions d’ouverture, le corps de ligne est mis à rude épreuve par le froid – gel du fil et des anneaux – et de part la présence de nouveaux obstacles au sein de notre rivière.

On remarque que les fils ont une tendance à absorber un faible pourcentage d’eau. Ce phénomène conjugué au gel engendre une gêne dans les lancers et rend plus « cassant » notre corps de ligne. Lorsque l’on se trouve dans des conditions rudes, au lieu de remplir notre moulinet avec un 12 ou 14 °% qui risquerait d’être plus cassant – perte d’élasticité – que d’habitude, il suffit de charger la bobine avec un fil possédant au moins 2°% supplémentaires.

Augmenter le diamètre de 2°% nous permet de compenser « la fragilité momentanée » créée par le gel. De plus, la qualité de glisse des anneaux de nos cannes au toc ajoutée à la glisse exceptionnelle du Color Line permettront de garder le même plaisir de pêche tant niveau tactile qu’en lancers et dérives. Bien sûr, augmenter son diamètre en corps de ligne de si peu, ne peut en rien affecter notre si recherchée discrétion de pêche. Il est bien sûr évident que nous serons contraints de modifier notre bas de ligne par l’ajout d’une cendrée pour pêcher « juste ». Le mono filament d’ouverture est un color line de diamètre sensiblement supérieur à notre habitude. Il nous permet de résoudre les problèmes liés au gel tout en conservant les sensations de pêche que nous aimons.

Choix d’un hameçon

Tous les hameçons « eaux vives » peuvent piquer des poissons mais tous ne s’utilisent de la même manière selon notre pêche du jour. Ce qui peut orienter notre choix, c’est avant tout l’appât – taille, fragilité – pour pêcher, son piquant mais aussi son diamètre. En action de pêche, nous pouvons par commodité, utiliser des hameçons « spécial appâts naturels » et « anti-décroche ». Ils sont très performants, piquants à souhait, solides et acceptent tous les appâts mais nous avons créé des hameçons plus spécifiques qui permettent une présentation tenant compte de la forme des appâts.

Ce sont les hameçons Pezon et Michel ultra piquants « spécial vers », « spécial larves » et « tige courte ». Les premiers que nous montons en eaux fortes, possèdent une tige plus longue d’un diamètre assez fort qui leur donnent un aspect en « S » très naturel et équipée de micro barbes qui fixent durablement les vers. Les seconds utiles en eaux claires, possèdent une tige de taille classique avec un diamètre plus fin qui permet d’enfiler ou d’épingler sans déchirer les larves que sont le porte-bois et la patache. Les derniers possèdent une tige courte et ce sont ceux que nous pouvons utiliser pour pêcher à la mouche naturelle et à la sauterelle.

Bien sûr, nous devons tenir compte du diamètre de fil de notre bas de ligne en montant notre hameçon mais si le froid d’ouverture nous empêche de monter mes hameçons, nous pouvons prendre des pochettes d’hameçons montés sur différents diamètres de fil. Le bon choix d’hameçon est basé sur l’appât utilisé. Il faut le présenter le plus vivant et le plus naturellement possible. C’est un des critères les plus importants lors de conditions de pêche difficiles et qui fera souvent la différence.

Composition du bas de ligne

Trop souvent négligé pour cause de précipitation, la composition du bas de ligne est l’assemblage « harmonieux » d’un brin de mono filament, d’un micro émerillon, de quelques cendrées et d’un hameçon. Suivant la pêche au toc que nous pratiquons, le brin de mono filament d’un longueur de 40 cm minimum doit posséder des propriétés d’élasticité et de résistance à l’abrasion élevées comme le « Camouflage eaux vives » ou le « fluoro carbone eaux vives» d’un diamètre inférieur d’au moins 2°% au corps de ligne.

Le micro émerillon doit être de très petite taille. Ses avantages en eau rapide sont d’éviter de vriller le bas de ligne et il permet un raccord plus aisé et solide entre le corps de ligne et le bas de ligne. Les cendrées Pezon et Michel peuvent être peintes ou non et sont composées d’un métal extra doux qui évitera de blesser le fil lors du positionnement ou le déplacement de celles-ci. L’hameçon monté sur le bas de ligne sera comme nous en avons parlé précédemment choisit en fonction de l’appât utilisé lors de notre sortie de pêche.

Choix d’un moulinet

Depuis le début des articles techniques au toc, nous avons détaillé le choix portant sur la canne, les appâts, les cendrées, les mono filaments, les hameçons et la constitution d’un bas de ligne. Dernier outil indispensable du pêcheur au toc, le moulinet doit être choisi avec un maximum de précautions.

Le moulinet peut être une simple réserve de fil mais lorsque nous « touchons » un très beau poisson, nombreux sont les pêcheurs à l’avoir perdu par manque de frein progressif et doux ou tout simplement par un mauvais réglage … . Notre moulinet est choisi avec les avantages suivants : léger – inférieur à 200 g – et il doit posséder un frein avant micrométrique progressif et très doux pour éviter la casse de nos corps de ligne ou bas de ligne en 10, 12 ou 14 lors d’un des rushes d’une belle truite.

J’ai personnellement conservé le Luxor 200 SL lors de mes pêches de cette fin d’année – le Rhône en 2eme catégorie – et je trouve depuis des années en ce petit bijou, un allié sûr pour combattre les truites et ombres de ce grand fleuve. Équipe d’un 12°% en corps de ligne à la recherche des ombres communs, son frein très doux m’a permis de ramener à la main sans casse deux ou trois belles tachetés et barbeaux qui ont retrouvé au plus vite leur élément. Le choix d’un moulinet de pêche au toc s’effectue alors en fonction du diamètre de corps de ligne et de la taille des poissons à combattre. Il doit comporter obligatoirement un frein micrométrique très doux et un poids faible pour équilibrer au mieux notre canne préférée.

Choix des accessoires

Tous les pêcheurs, qu’ils soient aux leurres, à la mouche ou aux appâts naturels ont un besoin d’ustensiles légers, adaptés, solides et pratiques pour leurs nombreux déplacements au bord de l’eau. Qui n’a jamais compris la nécessité d’une vraie veste de pêche, d’un coupe fil, d’un sac à appâts ou même d’un essuie mains…..

Le coupe fil est, s’il n’y avait qu’un seul à retenir, l’indispensable outil du pêcheur. Simple d’emploi, léger et tranchant, le coupe fil possède une petite chaînette pour éviter de le perdre. On peut aussi s’équiper d’une pince de serrage pour fixer les plombs au lieu d’utiliser nos « dents » qui pourraient blesser le bas de ligne.

Le sac à appâts est très pratique de part sa grande contenance. Sa lanière nous permet de le porter autour de cou et donc de toujours l’avoir à disposition. Son avantage est que la conservation des appâts est bien meilleure quel que soit le temps et que nous n’avons pas besoin de nous « battre » avec un couvercle de boite récalcitrant !

Puis le « chiffon » du pêcheur, l’essuie mains. Quoi de plus désagréable d’avoir le fil qui colle sur la canne lors d’une pêche sous la pluie, …nous le savons, c’est le gel qui prend nos doigts un jour d’ouverture car nous avons les mains mouillées après la première capture ou glissade. Un petit bonheur par temps froid ou humide pour le pêcheur de sortir son tissu de sa poche et de s’essuyer les mains et la canne pour mieux pêcher. Reste le plus important pour le pêcheur, la veste de pêche. Elle est doit être légère, posséder de vastes poches, une capuche, et elle doit résister à l’eau et couper le vent. La veste doit être pensée avec tous ces avantages.

Cet article de technique de pêche au toc nous a permis de définir l’équipement de base d’un pêcheur aux appâts naturels qui veut débuter. D’autres feront suite, de plus en plus techniques, en présentant dans le détail nos choix de cannes, de matériels, de milieux, d’appâts et de stratégies de pêche pour profiter au mieux de notre passion.